Florilège : l’impérialisme en paroles et en actes

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Victor Grossman
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lundi 23 avril 2018
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Chapô
Quel est le lien entre fausses informations, propagande gouvernementale, violation du droit international, migrations de réfugiés et massacres de civils innocents ? Ce sont là les paroles et les actes, les discours mensongers et les crimes d’un système organisé et cohérent nommé impérialisme. Illustration avec un recueil de paroles et d'actes de l’impérialisme américain, pour apprendre à débusquer l’impérialisme et promouvoir la paix.

Le contexte géopolitique se tend en raison du jeu de pouvoir auquel se livrent les États qui se rêvent puissances. Ce jeu dangereux a un nom : l’impérialisme. L’impérialisme d’un État vise à en soumettre d’autres en les rendant politiquement, économiquement ou militairement dépendants. Si le but du jeu de l’impérialisme semble clair, les règles en sont inexistantes et tous les coups sont permis. Par définition, l’impérialisme viole le droit international et déconstruit les mécanismes laborieusement élaborés de maintien de la paix. En définitive, l’impérialisme aboutit toujours à des actes criminels, à des violences extrêmes et à la cruauté la plus totale, c’est-à-dire la guerre.

Pour tous les esprits sains, la guerre est une hécatombe que la vertu commande d’éviter. Afin de contourner cet obstacle de la vertu, l’impérialisme ne peut donc se mener qu’au prix de tromperies, de dissimulations et de malhonnêteté. L’impérialisme, ce sont donc aussi des paroles. Les discours de l’impérialisme sont faits de demi-vérités et de mensonges complets qui reposent sur de fausses informations fabriquées pour justifier les pires violations du droit et, dès lors, de la paix.

Promouvoir la paix nécessite d’identifier, de déconstruire et d’empêcher les paroles et les actes de l’impérialisme. Pour nous aider à reconnaître l’impérialisme et à le combattre, Victor Grossman, Américain établi en Allemagne, nous propose une illustration de l’impérialisme sous la forme d’un florilège de paroles et d’actes des États-Unis.

Les États-Unis ne sont ici qu’un exemple qu’il est facile d’utiliser tant leur impérialisme est pléthorique, documenté et d’actualité. Attaques contre les Philippines, Cuba, l’île de la Grenade ou encore invasion de l’Irak sous de faux prétextes. Exactions, viols, meurtres de civils et notamment d’enfants comme lors du massacre de Song Mÿ pendant la guerre du Vietnam, ou plus récemment avec des frappes de drones. Les États-Unis sont une fenêtre sur l’horreur de l’impérialisme et un cas d’école pour apprendre à le déceler ailleurs également. L’équipe d’Europe insoumise, avec l’aide de certains de ses lecteurs, a donc traduit pour vous le florilège rassemblé par Victor Grossman, incluant discours et lettres de présidents américains, et montrant ainsi que c’est au sommet des États que s’organise l’impérialisme, et que c’est donc là qu’il faut, entre autres, s’y opposer, au nom de la paix.

Cuba, président William McKinley le 11 avril 1898

« La destruction du cuirassé Maine dans le port de La Havane… a rempli le cœur national d'une horreur inexprimable. La commission d'enquête navale, qui, cela va sans dire, jouit de la confiance sans réserve du gouvernement, a conclu à l'unanimité que la destruction du Maine a été causée par une explosion extérieure – celle d'une mine sous-marine. Elle ne s’est pas risquée à désigner le responsable. Cela reste à régler. [Beaucoup plus tard, la cause s’avéra être le stockage défectueux de munitions dans le cuirassé lorsqu’il était dans le port de La Havane.]

Le seul espoir de soulagement et de retour à la paix dans un état de choses devenu insupportable est la pacification forcée de Cuba. Au nom de l'humanité, au nom de la civilisation, pour les intérêts américains en danger qui nous donnent le droit et le devoir de parler et d'agir, la guerre à Cuba doit cesser.

Au vu de ces faits et de ces considérations, je demande au Congrès d'autoriser et de donner le pouvoir au président de prendre des mesures afin d'obtenir la fin complète et définitive des hostilités entre le gouvernement espagnol et le peuple cubain, et pour assurer dans l'île l'établissement d'un gouvernement stable, capable de maintenir l'ordre et de respecter ses obligations internationales, d'assurer la paix, la tranquillité et la sécurité de ses citoyens ainsi que des nôtres, et afin d'utiliser les forces militaires et navales des États-Unis comme il se doit à ces fins... »

Ce qui a suivi

Quatre mois de guerre à Cuba, quatre ans de guerre aux Philippines, mainmise sur ce dernier pays, sur Porto Rico et Guam, contrôle de Guantánamo jusqu'à aujourd'hui.

Vietnam, président Lyndon B. Johnson, août 1964

« Mes concitoyens américains : en tant que président et commandant en chef, il est de mon devoir vis-à-vis des Américains de leur rapporter qu’aujourd’hui, de nouvelles hostilités contre les navires des États-Unis en haute mer dans le golfe du Tonkin exigent que j'ordonne aux forces militaires des États-Unis d’agir et de riposter […] il n’y a aucune perte américaine. L'agression par la terreur contre les villageois paisibles du Sud du Vietnam est maintenant accompagnée d'une agression ouverte en haute mer […] Pourtant notre réponse, pour le moment, sera limitée et l'ajustement. Nous les Américains savent, bien que d'autres semblent oublier, les risques pour étendre le conflit. Nous ne cherchons toujours aucune plus large guerre. […] C'est une responsabilité solennelle de devoir ordonner même l'action militaire limitée par des forces dont la force globale est aussi énorme et aussi formidable que ceux des États-Unis d'Amérique, mais c'est ma conviction considérée. […]

Pourtant notre réponse, pour le moment, sera limitée et l'approprié. Nous les Américains savons, bien que d'autres semblent oublier, les risques pour que le conflit se propagent. Nous ne cherchons pas à élargir la guerre. […] C'est un engagement solennel de devoir ordonner une action militaire même limitée par les forces dont la force totale est aussi vaste et aussi impressionnante que celle des États-Unis d'Amérique, mais c'est ma conviction bien réfléchie. […]

Cette fermeté dans le droit est indispensable aujourd'hui pour la paix ; cette fermeté sera toujours mesurée. Sa mission est la paix. (des années plus tard, il fut admis que l’attaque n'était jamais survenue. ) »

Ce qui a suivi – Ariel Garkinkel, New York Times, 20 mars 2018

« L'Amérique a versé trois fois plus d’obus sur le Vietnam, le Laos et le Cambodge que toutes les forces armées durant la Seconde Guerre mondiale. On estime qu’il reste au moins 350 000 tonnes de bombes et de mines au Vietnam et qu'à la vitesse actuelle il faudra 300 ans pour les nettoyer. Le plus fréquent étaient des bombes à sous-munitions avec des centaines de petites balles ressemblant à celles pour le base-ball qui explosaient près du niveau du sol, en libérant des fragments en métal pour estropier et tuer. Beaucoup ont manqué de libérer leurs contenus ou n’ont tout simplement pas explosés …. Les enfants trouvant ces objets de métal ressemblant à une balle se lancent involontairement les “jouets” l'un à l'autre jusqu'à ce qu'ils explosent … Presque 40 000 Vietnamiens ont été tués depuis la fin de la guerre en 1975 et 67 000 ont été estropiés par les mines terrestres, les bombes à sous-munitions et d'autre matériel.

Les États-Unis ont déversé 80 millions de litre d'herbicide chimique sur le Vietnam Sud à partir de 1962 à 1972. … Le plus connu était de l'Agent orange, avec les avions arrosant environ 3 181 villages. . . Pendant que les forêts entières se sont asséchées et sont mortes dans les semaines d'arrosage… L’agent contient de la dioxine, l’une des substances les plus mortelles connues pour l’espèce humaine. … la dioxine n’affecte pas seulement les personnes exposées, mais aussi leurs enfants. Un grand nombre de bébés vietnamiens continuent de naitre avec des difformités monstrueuses : têtes déformées, tumeurs gonflées, cerveau peu développé et membres non-fonctionnant. »

Massacre de Mÿ Lai, 1968

« Le massacre de Mÿ Lai (ou de Song Mÿ) fut un tournant dans cette guerre illégitime : les soldats américains d’un contingent […] connu sous le nom de Compagnie Charlie, [...] croyant qu’ils allaient au-devant de troupes ennemies vietnamiennes ou de leurs sympathisants, ne découvrirent qu’un village paisible à l’heure du petit-déjeuner. Quoi qu’il en fût, les soldats de la Compagnie Charlie violèrent des femmes, brûlèrent des maisons et firent usage de leurs armes contre les civils de Mÿ Lai. Parmi les meneurs de l’assaut figurait le lieutenant William L. Calley, originaire de Miami et ayant abandonné ses études. [...] Le soldat de première classe Paul Meadlo fit le froid récit de ses actions, jusque dans leurs détails épouvantables. “Une fois arrivés nous avons commencé à rassembler tout le monde…” Calley lui dit : “Dépêche-toi ! Je veux les voir morts.” [...] Sur ordre de Calley, Meadlo et les autres avaient vidé chargeur après chargeur dans la fosse, et y avaient même lancé quelques grenades. Vinrent ensuite des gémissements aigus, dont le volume augmentait à mesure qu’un enfant de deux ou trois ans, couvert de boue et de sang, rampait parmi les cadavres et titubait vers la rizière. Sa mère l’avait probablement protégé de son corps. Calley vut ce qui se passait et, d’après les témoins, courut après l’enfant, le traîna jusque dans la fosse, l’y jeta, et lui tira dessus.

À l’époque, Pham Thanh Cong, le directeur du mémorial de Song Mÿ, avait onze ans. Quand les hélicoptères américains atterrirent dans le village, il se blottirent, avec sa mère et quatre frères et sœurs, dans un abri rudimentaire à l’intérieur de leur hutte au toit de chaume. Des soldats américains leurs ordonnèrent de sortir de leur abri, avant de les y rejeter, lançant une grenade sur eux et ouvrant le feu de leurs M-16. Cong reçut trois blessures – à la tête, au côté droit de son torse et à la jambe. Il perdit connaissance. Quand il reprit ses esprits, il se trouva au milieu d’un amas de cadavres ; sa mère, ses trois sœurs et son frère âgé de six ans. [...]

Le décompte des victimes réalisé par le mémorial, qui ne fait plus l’objet de la moindre remise en cause, est de 504 victimes, issues de 247 familles. 24 familles rassemblant trois générations furent exterminées sans le moindre survivant. Parmi les morts, 182 étaient des femmes, dont 17 étaient enceintes. 173 enfants furent exécutés, dont 56 nourrissons. 60 hommes âgés moururent… »

Extrait de Seymour M. Hersh, « The Scene of the Crime. A reporter’s journey to My Lai and the secrets of the past », The New Yorker, 30 mars 2015.

Grenade, président Ronald Reagan, octobre 1963

« Mes chers compatriotes américains,

Désormais, je sais qu’une autre partie du monde occupe largement nos esprits, un lieu plus proche de nos côtes : la Grenade. L’île ne fait que deux fois la taille du district de Columbia, avec une population de 110 000 habitants. [...] La Grenade était privée de gouvernement, n’ayant pour seule autorité autoproclamée qu’une bande de militaires.

Il y avait alors près de 1 000 de nos concitoyens à la Grenade, dont 800 étudiants à l’école de médecine de l’université de St George. Inquiet qu’ils puissent être maltraités ou pris en otage, j’ai ordonné à une flottille de navires, alors en route vers le Liban avec des marines à son bord, de se détourner vers le sud de manière à se placer à proximité de la Grenade. [...] Il nous fallait partir du principe que plusieurs centaines de Cubains travaillant à l’aéroport pourraient être utilisés comme une armée de réserve. En réalité, leurs effectifs étaient bien supérieurs, et ils représentaient une véritable force armée. Six cents d’entre eux ont été faits prisonniers, et nous avons découvert une véritable base militaire avec des armes et du matériel de communication, ce qui indique clairement qu’une occupation militaire cubaine de l’île était prévue… La Grenade [...] était une colonie soviéto-cubaine, en train d’être transformée en bastion militaire afin d’exporter la terreur et d’ébranler la démocratie. Nous sommes intervenus juste à temps. [Les étudiants ne se trouvèrent en danger à aucun moment, les Cubains ne faisant que participer à la construction d’un aéroport civil destiné au tourisme.]

[...] Aujourd’hui, notre sécurité nationale peut être menacée depuis des lieux distants. Il en va de notre responsabilité collective d’avoir conscience de l’importance stratégique de tels lieux. [...] »

Panama, président George H. W. Bush, décembre 1989

« Mes compatriotes, la nuit dernière j'ai ordonné que les militaires américains se déploient au Panama. Aucun président ne prend de telles mesures à la légère. […] Le but des États-Unis est de protéger les vies des Américains, de défendre la démocratie au Panama, de combattre le trafic de drogue et de protéger l'intégrité du Traité du canal de Panama. […]

Les menaces irresponsables du général Noriega et les attaques sur les Américains au Panama a créé un danger éminent pour les 35 000 citoyens américains au Panama. […] Comme président, je n'ai aucune plus haute obligation que de protéger les vies des citoyens américains. Et c'est pourquoi j'ai demandé à nos forces armées de protéger les vies des citoyens américains au Panama. […] Les États-Unis ont l'intention de retirer les forces nouvellement déployées au Panama le plus rapidement possible. Toutes les forces se sont conduites courageusement et avec abnégation. […] Tragiquement, certains Américains ont perdu leurs vies en défense de leurs compatriotes, en défense de la démocratie et je suis de tout cœur avec leurs familles. Nous regrettons aussi et pleurons la perte de Panaméens innocents. »

Afghanistan, président George W. Bush, octobre 2001

« Bonsoir.

Sur mes ordres, l'armée américaine a commencé à frapper les camps d'entraînement terroristes d'Al-Qaïda et les installations militaires du régime taliban en Afghanistan. Ces actions soigneusement ciblées visent à perturber l'utilisation de l'Afghanistan comme base d'opérations terroristes et à attaquer la capacité militaire du régime taliban.

Nous avons été rejoints dans cette opération par notre ami loyal, la Grande-Bretagne. D'autres amis proches, dont le Canada, l'Australie, l'Allemagne et la France se sont engagés à déployer des forces au fur et à mesure que l'opération se déroule. […]

Il y a plus de deux semaines, j'ai donné aux dirigeants talibans une série d'exigences claires et précises. […] Aucune de ces exigences n'a été satisfaite. Et maintenant, les talibans en paieront le prix. […]

En même temps, le peuple opprimé de l'Afghanistan connaîtra la générosité de l'Amérique et de nos alliés. En frappant des cibles militaires, nous parachuterons aussi de la nourriture, des médicaments et des fournitures pour les hommes, les femmes et les enfants afghans affamés et souffrants. Les États-Unis d'Amérique sont les amis du peuple afghan […].

Nous sommes une nation pacifique. Pourtant, comme nous l'avons appris, si soudainement et si tragiquement, il ne peut y avoir de paix dans un monde de terreur soudaine. Face à la nouvelle menace d'aujourd'hui, la seule façon de poursuivre la paix est de poursuivre ceux qui la menacent. […] Un commandant en chef envoie les fils et les filles de l'Amérique dans une bataille à l'étranger seulement après la plus grande attention et beaucoup de prières. […]

J'ai récemment reçu une lettre touchante qui en dit long sur l'état de l'Amérique. […] Une lettre d'une fille de CM1, avec un père dans l'armée : “Autant je ne veux pas que mon père se batte”, écrivait-elle, “je suis prête à vous le donner.” […] Cette jeune fille sait ce qu'est l'Amérique. […]

Nous n'avons pas demandé de permission pour cette mission, mais nous l'accomplirons. Le nom de l'opération militaire d'aujourd'hui est Enduring Freedom [Paix durable]. Nous défendons non seulement nos précieuses libertés, mais aussi la liberté des gens partout dans le monde de vivre et d'élever leurs enfants à l'abri de la peur.

Nous n'hésiterons pas, nous ne nous fatiguerons pas, nous ne chancellerons pas et nous n'échouerons pas. La paix et la liberté prévaudront… Que Dieu continue de bénir l'Amérique. »

Ce qui a suivi – un échantillon

Le 6 juillet 2008, un grand nombre de civils afghans faisaient une procession lors d'une cérémonie de mariage dans une zone appelée Kamala dans le district de Haska Meyna… Lorsque le groupe s'est arrêté pour se reposer, il a été frappé successivement par trois bombes provenant d'avions militaires américains. La première bombe a frappé un groupe d'enfants qui se trouvaient devant la procession principale, les tuant instantanément. Quelques minutes plus tard, l'avion est revenu et a largué une deuxième bombe au centre du groupe, tuant un grand nombre de femmes. La mariée et deux filles ont survécu à la deuxième bombe, mais ont été tuées par une troisième bombe alors qu'elles tentaient de s'échapper de la zone. Hajj Khan, l'un des quatre hommes âgés qui escortaient le groupe, a déclaré que son petit-fils avait été tué et qu'il y avait des morceaux de corps partout. Des membres de la famille du village du marié ont déclaré qu'il n'était pas possible d'identifier les restes…

Une commission de neuf membres du Sénat américain a découvert que 47 civils, y compris la mariée, avaient été tués… un membre de la commission a dit à la BBC qu'il y avait 39 femmes et enfants parmi ceux qui ont été tués, et que 8 des personens décédées étaient âgées de 14 à 18 ans. 9 autres personnes ont été blessées lors de l'attaque.

Les forces américaines ont déclaré qu'elles visaient une force insurgée, considérée comme une « cible d'opportunité », qui visaient manifestement une base voisine avec des mortiers… Le gouvernement américain a nié que des civils aient été tués lors de l'incident.

Iraq, président George W. Bush, octobre 2002

« Ce soir, je veux prendre quelques minutes pour parler de la détermination de l’Amérique à mener la lutte mondiale contre une grave menace qui pèse sur la paix. Cette menace vient d’Irak. Elle est le résultat des actions même du régime iraquien, de son passé belliqueux et d’une stratégie de développement d’une panoplie d’armes de terreur.

Le régime iraquien a violé toutes les règlementations. Il possède et produit des armes chimiques et biologiques. Il cherche à développer un arsenal nucléaire. Il abrite et soutient le terrorisme et applique un règne de terreur contre son propre peuple…

Les armes de destruction massive irakiennes sont aux mains d’un tyran sanguinaire qui a essayé de dominer le Moyen-Orient, qui a envahi et occupé dans la violence un voisin plus faible, qui a frappé d’autres nations sans sommation et fait preuve d’une hostilité soutenue envers les États-Unis…

Nous savons que le régime a produit des centaines de tonnes d’agents chimiques, incluant du gaz moutarde, du gaz Sarin, du gaz VX. […]

En connaissance de cause, l’Amérique ne peut ignorer cette menace grandissante. Face à ces dangers manifestes, nous ne pouvons attendre l’ultime démonstration,  la preuve tangible sous la forme d’un champignon atomique… Saddam Hussein doit désarmer ou, pour préserver la paix, nous mènerons une coalition pour le désarmer. […]

Nous, Américains, souhaitons la paix. Nous travaillons et nous nous sacrifions pour la paix. Mais il ne peut y avoir de paix tant que notre sécurité dépendra des lubies et désirs d’un dictateur brutal et belliqueux. Je ne ferai pas reposer la moindre vie américaine sur la seule confiance accordée à Saddam Hussein. […]

Notre nation, que ce soit durant les guerres mondiales ou la Guerre froide,  n’a jamais laissé les brutes et les criminels décider du cour de l’histoire. Aujourd’hui comme avant, nous assurons la sécurité de notre nation, nous protégerons notre liberté et nous aiderons d’autres à conquérir la leur…

Le tyran irakien est un disciple de Staline, il se sert du meurtre comme d’un instrument de contrôle et de terreur au sein de son cabinet, de son armée et même au sein de sa propre famille… Si l’intervention militaire s’avère nécessaire, les États-Unis et ses alliés aideront le peuple iraquien à reconstruire son économie et à créer des institutions qui assureront la liberté au sein d’un Irak unifié, en paix avec ses voisins…

Que Dieu bénisse l’Amérique. »

Ce qui a suivi

On estime le nombre de morts vraisemblablement causés par la guerre d’Irak entre 150 000 et 460 000. D’autres comptages, très discutés, comme l’étude Lancet en 2006 ou l’enquête Opinion Research Business de 2007, placent ce nombre respectivement à 650 000 et 1,2 million de morts, et entre 1 et 3 millions de déplacés et 2 millions de réfugiés quittant le pays.

Ali Ismail Abbas

La détresse de Ali Ismail Abbas, 12 ans, qui a perdu quinze membres de sa famille ainsi que ses deux bras lors du bombardement par l’armée américaine de sa maison située dans la banlieue de Bagdad, est devenue l’incarnation des histoires personnelles de la guerre.  « Le visage dévasté par la souffrance d'Ali est devenu un symbole des dégâts causés par la guerre en Irak », a écrit Bronwen Maddox pour le Times. Les lecteurs et téléspectateurs n’ont pas été épargnés par les reporters et les photographes qui ont montré dans toute leur horreur les blessures d’Ali. « La peau des jambes de l’enfant est lisse et douce mais toute la surface de son torse, elle, est noire, tandis que ses bras sont horriblement brûlés », a écrit Jon Lee Anderson, correspondant pour le New Yorker. « Les chairs autour de ses biceps ne sont plus que des amas grotesques et calcinés. Une de ses mains, dont la peau a fondu, ressemble à une serre tordue. À son autre bras, visiblement brûlé à hauteur de coude, deux os pointent. Il ressemble à une pièce de viande abandonnée sur les braises d’un barbecue. »

« Je voulais devenir officier dans l’armée lorsque je serai grand mais ce n’est plus possible », a-t-il dit aux journalistes. « Je voudrais devenir médecin maintenant, mais je ne  vois pas comment je le pourrais. »

D’après Joan Walsh du magazine en ligne Salon, ses collègues, après avoir passé des semaines à ignorer les pertes civiles provoquées par la guerre, tournent maintenant autour du blessé comme des vautours. « CNN a touché le fond mercredi matin lorsque la présentatrice Kyra Phillips a interviewé le médecin d’Ali au Koweit », a déclaré Walsh. « Le docteur Imad al Najada a expliqué que bien qu'Ali ait dit aux reporters qu’il est reconnaissant pour les soins qu’il a reçus, il espère néanmoins qu’aucun autre enfant n’aura à souffrir de la guerre comme lui en a souffert. » Phillips semblait choquée par l’incapacité manifeste d’Ali  à comprendre que nous essayions seulement de lui venir en aide. « Docteur, comprend-il pourquoi cette guerre a eu lieu ? A-t-il parlé de l’opération Liberté irakienne et de sa signification ? Est-ce qu’il la comprend ? »

Poison du phosphore blanc

Dans la commune irakienne de Fallujah – qui a été bombardée par les forces américaines en 2004 – le taux de mortalité infantile, de cancer et de leucémies a explosé, selon une étude récente. Ce taux dépasse celui recensé chez les survivants des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki de 1945.

À Fallujah, face au nombre de nourrissons nés avec des anomalies, comme le fait de naître avec deux têtes ou une paralysie des membres inférieurs, les médecins irakiens tirent la sonnette d’alarme depuis 2005. Ils ont constaté une multiplication par 4 du nombre de cancers (de tous types) et par 12 du nombre de cancers chez les jeunes de moins de 14 ans. La mortalité infantile est de l’ordre de 80 sur 1 000 naissances – 19 en Égypte, 17 en Jordanie et 9,7 au Koweït. Le rapport indique que les types de cancer sont semblables à ceux des survivants d'Hiroshima, exposés aux radiations de la bombe et à l’uranium des retombées radioactives.

Les chercheurs ont également constaté une multiplication par 38 du nombre de leucémies, par 10 du nombre de cancers du sein et une augmentation considérable du nombre de lymphomes et de tumeurs du cerveau chez les adultes. Très significative, la proportion entre garçons et filles chez les nouveau-nés : en 2005, le nombre de garçons à la naissance a chuté de 18 %, portant le ratio à 850 garçons pour 1 000 filles… Une chute similaire a été constatée à la suite d’Hiroshima.

Le Dr Chris Busby, professeur à l'université d'Ulster, ajoute ceci : « Pour parvenir à un tel phénomène, une exposition majeure à des mutagènes a dû se produire en 2004 lors des attaques. »

Après 8 mois de conflit, les US Marines ont pris la ville d’assaut en bombardant depuis les airs les positions stratégiques des forces rebelles. Les forces américaines reconnaîtront plus tard avoir notamment utilisé du phosphore blanc… Une telle mise en danger des civils a épouvanté les autorités britanniques. Bien qu’il ne puisse pas identifier le type d’arme utilisé par les Marines, le Dr Busby indique que l’étendue des modifications génétiques recensées chez les habitants de Fallujah indiquerait un recours à l’uranium sous une forme ou une autre. « Je pense qu’ils ont utilisé une nouvelle arme contre les immeubles, destinée à démolir les murs et tuer tous ceux à l’intérieur. »

Libye, président Barack Obama, mars 2011

« Ce soir, j'aimerais informer le peuple américain de l'effort international que nous avons mené en Libye. […] Je veux commencer par rendre hommage à nos hommes et femmes en uniforme qui, une fois de plus, ont agi avec courage, professionnalisme et patriotisme.

Depuis des générations, les États-Unis d'Amérique jouent un rôle unique en tant que garant de la sécurité mondiale et défenseur de la liberté humaine. Conscients des risques et des coûts de l'action militaire, nous sommes naturellement réticents à utiliser la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et nos valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d'agir. C'est ce qui s'est passé en Libye au cours des six dernières semaines. […]

Pendant plus de quatre décennies, le peuple libyen a été gouverné par un tyran, Muammar Kadhafi. […] Confronté à cette répression brutale et à une crise humanitaire imminente, j'ai ordonné l'envoi de navires de guerre en Méditerranée. […]

Il y a dix jours […] Nous savions que si nous attendions un jour de plus, Benghazi […] pourrait subir un massacre qui aurait eu des répercussions dans toute la région et serait restée comme une tache sur la conscience du monde.

Il n'était pas dans notre intérêt national de laisser cela se produire. J'ai refusé que cela se produise. Et donc, il y a neuf jours, après avoir consulté les dirigeants bipartisans du Congrès, j'ai autorisé une action militaire pour mettre fin au massacre. […] Nous avons été rejoints par une coalition forte qui s'élargit. Elle inclut nos alliés les plus proches […]. Et elle inclut des partenaires arabes comme le Qatar et les Émirats arabes unis, qui ont choisi de prendre leurs responsabilités pour défendre le peuple libyen. […]

Lorsque les populations ont été violentées en Bosnie dans les années 1990, il a fallu plus d'un an à la communauté internationale pour intervenir avec une force aérienne afin de protéger les civils. Cela nous a pris 31 jours. Donc, pour ceux qui doutaient de notre capacité à mener à bien cette opération, je veux être clair : nous, États-Unis d'Amérique, avons fait ce que nous avions dit que nous ferions. […]

Certaines nations peuvent fermer les yeux sur les atrocités commises dans d'autres pays. Les États-Unis d'Amérique sont différents. Et en tant que président, j'ai refusé d'attendre les images de massacres et de fosses communes avant d'agir. […]

Mais n'oublions pas non plus que, depuis des générations, nous faisons le gros effort de protéger notre propre peuple, mais aussi des millions de personnes dans le monde entier. Nous le faisons parce que nous savons que notre propre avenir est plus sûr, notre propre avenir est plus radieux, si une plus grande partie de l'humanité peut vivre dans la lumière vive de la liberté et de la dignité.

Merci. Que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse les États-Unis d'Amérique. »

Ce qui a suivi

Au moment où Obama annonce la « fin » du régime, Fox News a publié un article notant qu'un drone américain Predator était impliqué dans la frappe aérienne du convoi de Kadhafi quelques instants avant sa mort… Une vidéo choquante de ses derniers moments montre des combattants rebelles en train de le battre, et l'un d'entre eux le sodomisant avec une baïonnette, avant qu'il ne soit abattu de plusieurs balles alors qu'il implorait pitié.

« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort », a plaisanté Hillary Clinton en apprenant la nouvelle de la mort de Kadhafi par un assistant entre deux interviews formelles. « Je suis sûre » que cela avait quelque chose à voir avec sa propre visite en Libye quelques jours plus tôt, a-t-elle poursuivi.

Les droits des femmes en Libye après l'intervention américaine

En mars 2013, Sadiq Ghariani, le Grand Mufti, a publié une fatwa contre le rapport des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles. Il a condamné le rapport de l'ONU parce qu’il « [promouvait] l'immoralité et l'indécence, en plus de la rébellion contre la religion et de critiques claires des lois contenues dans le Coran et la Sunna ».

Plus tard, en 2013, l'avocate Hamida Al-Hadi Al-Hadi Al-Asfar, défenseuse des droits des femmes, a été enlevée, torturée et tuée. On dit qu’elle aurait été prise pour cible pour avoir critiqué la déclaration du Grand Mufti. Aucune arrestation n'a été effectuée…

Pendant la présidence du Congrès national général par Nouri Abusahmain et après sa décision d'appliquer la charia en décembre 2013, la ségrégation entre les sexes et l’obligation de porter le voile ont été imposés dans les universités libyennes à partir du début de 2014, ce qui a provoqué de vives critiques de la part des groupes de défense des droits des femmes.

Le chaos lybien

Depuis février 2015, les dégâts et le désordre causés par la guerre sont considérables. Il y a de fréquentes coupures d'électricité, peu d'activité commerciale et les revenus provenant du pétrole ont baissé de 90 %. Plus de 4 000 personnes sont mortes des combats et certaines sources affirment que près d'un tiers de la population du pays s'est réfugiée en Tunisie.

Les États-Unis ont été actifs en Libye après 2011, l'armée effectuant des frappes aériennes et des raids sporadiques dans le pays, principalement contre des groupes islamistes. En 2014, les commandos américains ont saisi un pétrolier destiné aux milices antigouvernementales et l'ont restitué au gouvernement national libyen. Deux mois plus tard, l'ambassade des États-Unis à Tripoli a été évacuée en raison de la présence de nombreuses milices dans la capitale. En 2015, des avions de guerre américains ont tué le chef de l'État islamique en Libye lors d'une attaque.

En 2016, le président américain Barack Obama a déclaré que la « pire erreur » de sa présidence avait été de ne pas se préparer à une Libye post-Kaddafi. Le 19 janvier 2017, la veille du départ du président Obama, les États-Unis ont bombardé deux camps de de l'État islamique en Libye, tuant 80 militants. Ce type d'opérations s'est poursuivi sous l'administration Trump, avec une frappe aérienne en septembre 2017, tuant environ 17 militants de l'État islamique.

Irak, général Wesley Clark, 2007

Dans une interview télévisée en 2007, le général Wesley Clark, commandant suprême des forces alliées en Europe de l'OTAN de 1997 à 2000, a révélé dans une interview à Democracy Now! ce qui suit :

« Environ dix jours après le 11 septembre, je suis passé par le Pentagone et l'un des généraux m'a appelé. Il m’a dit “Nous avons pris notre décision, nous allons faire la guerre à l'Irak.” C'était vers le 20 septembre. J'ai dit : “Nous allons faire la guerre à l'Irak ? Pourquoi ?” Il a dit : “Sans doute que c'est comme ça : nous ne savons pas quoi faire contre les terroristes, mais nous avons une bonne armée et nous pouvons faire tomber les gouvernements… Je suppose que si le seul outil dont vous disposez est un marteau, chaque problème doit ressembler à un clou.

Je suis donc retourné le voir quelques semaines plus tard et, à ce moment-là, nous étions en train de bombarder l'Afghanistan. J'ai dit : “Allons-nous toujours faire la guerre en Irak ?” Et il a dit : “Oh, c'est pire que ça.” Il s'est penché sur son bureau. Il a ramassé un morceau de papier. Et il a dit : “Je viens de descendre ça de là-haut aujourd'hui” – ce qui signifie le bureau du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld – Et il a dit : “C'est une note de service qui décrit comment nous allons éliminer sept pays en cinq ans, en commençant par l'Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et, pour finir, l'Irak…”

Syrie, à nouveau l'uranium appauvri

« Des autorités ont confirmé que l'armée américaine, bien qu'elle ait fait la promesse de ne pas utiliser d'armes à l'uranium appauvri sur le champ de bataille en Irak et en Syrie, a tiré des milliers de cartouches de ces munitions lors de deux raids très médiatisés sur des camions citernes dans la partie de la Syrie contrôlée par l'État islamique, à la fin de l'année 2015. Les attaques aériennes marquent la première utilisation confirmée de cet armement depuis l'invasion de l'Irak en 2003, où il a été utilisé des centaines de milliers de fois, suscitant l'indignation des populations locales qui ont affirmé que son contenu toxique provoquait des cancers et des malformations congénitales…

L'utilisation de ce type de munitions, une balle en uranium appauvri de 30 mm appelée PGU-14, a été signalée pour la première fois dans le cadre d'une enquête conjointe Air Wars-Foreign Policy. Les quelque 5 265 cartouches de cette munition ont été tirées à partir de plusieurs bombardiers A-10, le 16 novembre 2015 et le 22 novembre 2015, lors de frappes aériennes dans le désert de l'Est de la Syrie qui visaient l'approvisionnement en pétrole de l'État islamique pendant l'opération Tidal Wave II, a déclaré le major Josh Jacques, porte-parole du Commandement central des États-Unis.

Avant les frappes de novembre, le Pentagone a déclaré qu'il n'utiliserait pas de munitions à uranium appauvri dans sa campagne contre l'État islamique.

La question de savoir si l'exposition à l'uranium appauvri entraîne des effets néfastes pour la santé a fait l'objet d'un débat. Lorsqu'il a été utilisé lors de la campagne de bombardement de l'OTAN au Kosovo en 1999, les Nations unies ont conseillé aux enfants de rester à l'écart des zones d'impact. Le gouvernement irakien a également souligné régulièrement le danger que représentent les munitions pour les populations, les terres et l'atmosphère.

Jacques, porte-parole du Commandement central, n'a pas exclu la possibilité que la coalition dirigée par les États-Unis utilise à nouveau des munitions en uranium appauvri. »

Samuel Oakford, « The United States used depleted uranium in Syria », Foreign Policy, 14 février 2017.

Syrie, à nouveau le phosphore blanc

La coalition dirigée par les États-Unis en Irak et en Syrie semble avoir utilisé des munitions au phosphore blanc à au moins deux reprises, dans les zones densément peuplées de Mossoul et dans la capitale de facto de l'État islamique de Rakka, selon des vidéos en ligne et des groupes de défense des droits humains.

Ces munitions, souvent controversées, sont courantes dans les armées occidentales et servent principalement à créer des écrans de fumée, bien qu'elles puissent également être larguées comme armes incendiaires. Lorsqu'un obus au phosphore blanc explose, le produit chimique à l'intérieur réagit avec l'air, créant un épais nuage blanc. Lorsqu'il entre en contact avec la chair, il peut mutiler et tuer en brûlant jusqu'à l'os.

Alors que le droit international humanitaire stipule que les civils doivent être protégés contre toutes les opérations militaires, il stipule également que les pays doivent faire encore plus attention lorsqu'ils utilisent du phosphore blanc. De plus, en raison des blessures graves et inhumaines que cette arme peut provoquer, les associations de défense des droits humains mettent en garde contre l'utilisation du phosphore blanc pour tuer les troupes ennemies si d'autres armes sont disponibles.

En juin 2017, des vidéos postées par le groupe engagé de journalistes citoyens « Rakka est massacrée en silence » ont montré la signature aérienne de munitions au phosphore blanc… explosant dans l'est de Rakka, dans la zone où les combattants syriens soutenus par les États-Unis avaient fait des progrès plus tôt cette semaine.

Syrie, président Donald Trump, avril 2018

« Mes chers concitoyens.

Il y a peu de temps, j'ai ordonné aux forces armées américaines de lancer des frappes de précision sur des cibles liées aux capacités d'armement chimiques du dictateur syrien Bachar al-Assad.

Une opération tripartite avec les forces armées de la France et du Royaume-Uni est en cours. Nous les en remercions.

Ce soir, j'aimerais vous expliquer pourquoi nous avons entrepris cette action.

Il y a un an, Assad a lancé une attaque chimique sauvage contre son propre peuple innocent.

Les États-Unis ont réagi en lançant 58 missiles qui ont détruit 20 % de l'armée de l'air syrienne.

Samedi dernier, le régime Assad a à nouveau fait usage d'armes chimiques pour massacrer des civils innocents, cette fois dans la ville de Douma près de la capitale syrienne de Damas. Ce massacre a été un important pas de plus dans l'utilisation d'armes chimiques par ce régime odieux.

Cette horreur et l'ignoble attentat ont laissé mères, pères, nourrissons et enfants en proie à la douleur et à la suffocation. Ces exactions ne sont pas celles d'un homme. Elles sont en réalité le crime d'un monstre.

L'objectif de nos actions, ce soir, est l'instauration d'une puissante force de dissuasion contre la production, la diffusion et l'utilisation d'armes chimiques. Instaurer cette dissuasion est un intérêt vital pour la sécurité nationale des États-Unis.

La riposte américaine, britannique et française à ces atrocités impliquera tous les moyens à disposition de nos puissances nationales : militaires, économiques et diplomatiques. Nous sommes prêts à poursuivre cette riposte jusqu'à ce que le régime syrien cesse d'utiliser des agents chimiques interdits.

J'ai également un message ce soir à l'intention des deux gouvernements les plus impliqués dans le soutien, la fourniture d'équipements et le financement du régime criminel d’al-Assad.

À l'Iran et à la Russie, je pose la question suivante : quel genre de nation souhaite être associée au carnage d'hommes, de femmes et d'enfants innocents ? On jugera les nations du monde à l'aune des amitiés qu'elles entretiennent.

Aucune nation ne peut subsister à long terme en promouvant des États voyous, des tyrans brutaux et des dictateurs meurtriers…

Les États-Unis ont également rétabli leurs relations d'amitié au Moyen-Orient. Nous avons demandé à nos partenaires d'assumer une plus grande responsabilité dans la sécurisation de leurs régions respectives, notamment à travers d'importantes contributions financières pour les ressources, l'équipement et le soutien de tous les efforts de lutte contre DAECH.

Un engagement accru de nos amis, y compris l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Égypte et d'autres pays, peut faire en sorte que l'Iran ne profite pas de l'éradication de DAECH.

L'Amérique n'envisage en aucun cas une présence à long terme en Syrie.

Alors que d'autres nations prennent aujourd'hui part à ce combat, nous attendons avec impatience le jour où nous pourrons ramener nos soldats à la maison – en valeureux combattants qu'ils sont…

Ce soir, je demande à tous les Américains de prier pour nos nobles guerriers et pour nos alliés pour la bonne marche de leurs missions.

Nous prions pour que Dieu apporte du réconfort à ceux qui souffrent en Syrie.

Nous prions pour que Dieu guide toute la région vers un avenir de dignité et de paix. Et nous prions pour que Dieu continue de veiller et de bénir les États-Unis d'Amérique. »

La suite ?

Elle dépend, en partie, de nous.

 

Par Victor Grossman,

Traduction depuis l'anglais par l'équipe Europe Insoumise, avec l'aide de certains lecteurs. Merci à Christopher L. en particulier, et aux autres qui ont répondu à l'appel.

 

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Crédit photo
Photo : J.S. Pughe, Peace, illustration pour Harper's Weekly, mars 1905.
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