Edito: Décrire l'Europe, écrire l'avenir

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Olivier Tonneau
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dimanche 27 août 2017
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Chapô
Partout en Europe, les politiques néolibérales accablent les peuples. Mais de mille façons, la résistance s’organise. Pour changer l’Europe, il faut d’abord la raconter.

Ils sont légion. En Grèce, ils sont médecins et font grève contre la destruction du service de santé. En Allemagne, des syndicalistes organisent des rencontres de solidarité avec la Grèce. A Londres, ils s’appellent Tres Cosas et luttent pour les droits des travailleurs immigrés. En Ecosse, ils s’appellent Divest + Reinvest et veulent réorienter l’économie du pétrole vers le développement durable. Ils luttent pour le droit au logement de Barcelone à Londres et se rencontrent à Budapest. A travers toute l’Europe, ils ont en commun d’être insoumis à la marchandisation du monde. Ils ne sont pas dupes des homélies sur l’Europe de la paix, de la démocratie, des libertés, dont se légitiment des institutions européennes qui ne sont que le rideau de fumée derrière lequel s’abritent des Etats dont les gouvernants ont capitulé devant les banques et les multinationales.

Ces gens qui partout luttent pour la justice et la dignité sont les porteurs d’une autre Europe ; une Europe qui n’a jamais existé. Ce ne sera pas celle de Victor Hugo qui, prisonnier de la vision malthusienne de nations surpeuplées dont les guerres expurgeaient l’excédent démographique, croyait que la paix en Europe avait pour condition la colonisation de l’Afrique. Ce ne sera pas la technocratie supranationale de Jean Monnet qui devait émanciper les classes dirigeantes de populations trop tentées à son goût par les idéaux du socialisme. Ce ne sera ni l’Europe du capital, ni celle de la défense. Ce sera un espace d’égalité réelle, sans laquelle il n’est pas de liberté substantielle, de respect de l’environnement dont la destruction est la première cause d’oppression, et de souveraineté populaire sans laquelle rien ne viendra faire obstacle au pillage de la nature par le capital.

Nous y croyons parce que ces gens qui luttent, nous les connaissons, nous, les Insoumis de l’étranger, car nous aussi sommes éparpillés aux quatre coins du continent. C’est leurs conditions de vie que nous voulons narrer, leurs voix que nous voulons donner à entendre et leur lutte que nous voulons donner à voir. Face à l’idéologie européiste érigée en dogme, il faut dire la vérité des ravages causés par la mondialisation néolibérale dont l’Union Européenne, loin d’y faire obstacle, est l’un des principaux promoteurs. Mais ces ravages une fois exposés au grand jour, il faut trouver l’espoir d’y mettre fin en prenant la mesure de la force qui monte : celle d’une Europe Insoumise.

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